Donc, elles partirent 53, les gentes demoiselles sans leur beaux damoiseaux, le lundi matin, et le mercredi soir – hé bé… elles sont toujours 53.

La journée de mercredi marque en général le début de la fatigue. « Bien dormi ? » demande machinalement le coach lambda du cours, croisant dans le couloir une pépète à ses papy-mamy, petite chérie d’un jour. « Pas tellement » vient la réponse, accompagnée d’une moue digne d’une haltérophile d’une équipe de l’est européen dans les années 1970. « En fait, j’ai mal à peu près partout… ». C’est normal, lui dira le coach conciliant, dans un mélange de rire sous cape et de sincère compassion humanitaire.

En même temps, se dit-il, si elle avait effectué les exercices qu’on a envoyés avec la confirmation d’inscription au camp, on n’en serait pas là – elle se serait bâti une condition physique minimale et n’aurait aujourd’hui mal nulle part. Mais bon – jouer à la baballe, c’est tellement plus intéressant ! Et je ne plaisante même pas en disant ça…

Bien qu’au programme ne figurait pas d’événement particulier, on a réussi à le créer. En effet, en fin de matinée, le groupe engagé à l’accrobranche a vécu une mésaventure amusante. En redescendant d’un parcours, l’équipement de la dernière descente avant de retrouver le sol s’est bloqué… il a fallu attendre un bon quart d’heure dans l’arbre qu’on arrive à le réparer. Pas de frisson particulier, si ce n’est celui de retrouver de la patience – sans mobile, sans ordinateur, sans livre, sans tricot, sans ballon… ce qui revient à dire qu’on torture ces petites chéries sans défense.

Le groupe 1 accroché dans des arbres…

Et comme je vous l’ait dit, il n’y a rien d’autre à souligner de particulier, hormis ce fait sans importance ni même d’impact. Mais on m’a dit de meubler ma chronique, alors…

On m’a aussi dit d’ailleurs que d’appeler les rejetons abandonnés par leurs parents (bon, pour une semaine, certes, mais quand même… quand on sait qu’ils se tapent du bon temps pendant que leur fille grimace…) avec le sobriquet de petites chéries, ce n’était pas très #metoo ces temps. Sauf si vous avez des références et que vous avez lu les brillants romans de famille de Nicole de Buron, qui appelait sa petite dernière comme ça (et l’ensemble de ses filles les Saintes Chéries…).

Dans les livres, sa petite dernière était celle qui menait sa barque comme elle le voulait et sans en avoir l’air, qui savait où elle en était et qui avait en fait toujours plusieurs longueurs d’avance sur ses parents qui la voient, même tardivement, comme l’enfant qu’ils pensaient qu’elle était toujours, au lieu d’une créature indépendante et autonome, ou machiavélique et insupportable (selon la nécessité).

Elle est où ? Elle est où ? Elle est où ? Mais elle est où, c’te balle ?

Bref, l’analogie avec le club des 53 est assez frappante : lundi, vous avez déposé de jeunes filles sages et polies, lisses et sans faille, et vendredi soir vous allez récupérer des guerrières, QDB, qui vont commencer à vous prendre la tête pour installer un fitness dans le salon, car la télé de grand-père, ça fait genre vieux et que le trend, genre, c’est de se cultiver. Vous auriez d’ailleurs été d’accord s’il s’était s’agit d’utiliser la bibliothèque, plutôt que de culture physique. En revanche, on voulait vous prévenir qu’on ne se sent pas responsable des tatouages que certaines sont allé se faire faire en douce pendant la pause déjeuner.

Le goulag camp d’entraînement se passe donc à merveille pour le moment. On poursuit demain sur notre lancée avec une journée rallongée. On va en profiter pour rencontrer les familles des petites chéries (les pauvres…) et partager avec elles un barbecue. Ah mais tiens – une anecdote s’y loge aussi : l’an dernier, les grands nettoyages d’été ont conduit notre grill géant à être stocké dans un local qui n’est pas le sien usuellement. Panique à bord lorsqu’on s’en est rendu compte ! Mais tout est bien qui finit presque bien : on l’a retrouvé avec l’aide du technicien du bâtiment. Du coup, on a failli oublier de vérifier s’il restait du gaz dans la bonbonne…

On partagera aussi un moment international puisque nous retransmettrons la rencontre entre la Suisse et l’Italie aux Championnats d’Europe. À demain !!

Ce moment dangereux où il faut se lancer pour commencer un massage lors du retour au calme